PAUSE – Mai 2025

Le prix initial était : 660,00 €.Le prix actuel est : 500,00 €.

TECHNIQUE : Acrylique appliquée au couteau à palette ( SENNELIER – PEBEO – AMSTERDAM ) sur un châssis en bois entoilé de coton . Vernis de protection

TECHNIQUE: Acrylic applied with a palette knife (SENNELIER – PEBEO – AMSTERDAM) on a wooden frame covered with cotton canvas. Protective varnish

FINITIONS : Œuvre unique – Calais – France – Signature recto et verso – Mai 2025

FINISHES: Unique work – Calais – France – Signature on front and back – May 2025

DIMENSIONS : 40 * 30 * 1,8 cm

NUMERO D IDENTIFICATION : 2025/21/05

Analyse critique de l’œuvre

Dans cette composition, Brigitte Parmentier semble s’inscrire dans une tradition de l’abstraction gestuelle où la matière n’est pas simplement un moyen d’expression, mais devient le sujet lui-même. La peinture au couteau est ici exploitée dans toute sa puissance : la surface est travaillée comme un terrain géologique, accumulant couches, cicatrices, reliefs et effacements.

La première impression est celle d’un espace liminaire, un lieu situé entre paysage et abstraction. Une ligne horizontale traverse l’œuvre et agit comme un horizon. Pourtant, cet horizon ne sépare pas seulement le ciel de la terre ou de la mer ; il marque la frontière entre deux états de la matière, deux régimes émotionnels. La partie supérieure, dominée par des verts profonds et des bleus assombris, évoque une masse atmosphérique dense, presque tellurique. La partie inférieure, plus lumineuse et éclatée, semble animée d’une énergie expansive où les jaunes, les blancs et les bleus se disputent l’espace.

La matière comme mémoire

Ce qui frappe particulièrement est la façon dont les empâtements construisent une temporalité. Chaque couche paraît porter la trace d’une intervention antérieure. On devine des recouvrements, des repentirs, des émergences. La peinture ne donne pas l’impression d’avoir été exécutée en une seule impulsion ; elle semble plutôt s’être construite par sédimentation.

Cette qualité rappelle certains aspects de l’abstraction européenne de l’après-guerre, où la toile devient un champ d’expérience. La matière agit ici comme une mémoire visible : elle conserve les gestes de l’artiste et les expose sans les dissimuler.

Le rôle du rouge : un événement pictural

L’élément le plus significatif est sans doute cette forme rouge située vers la droite de la composition. Dans un univers dominé par les bleus et les verts, elle apparaît comme une rupture.

Ce rouge n’est pas seulement une couleur ; il constitue un événement. Son intensité chromatique crée une tension dramatique qui réorganise toute la lecture de l’œuvre. On peut y voir un soleil couchant, une présence humaine symbolisée, une fleur, ou simplement une forme autonome. Son ambiguïté est précisément sa force.

Dans la tradition de l’abstraction lyrique, ce type d’élément agit souvent comme un point de condensation émotionnelle. Il attire le regard mais résiste à toute interprétation définitive.

Une dialectique entre chaos et structure

L’une des réussites majeures de cette peinture réside dans l’équilibre subtil entre désordre apparent et organisation profonde.

À première vue, la surface semble dominée par la spontanéité. Pourtant, l’œuvre est soigneusement structurée :

  • un axe horizontal fort ;
  • une répartition équilibrée des masses colorées ;
  • un point focal clairement identifié ;
  • une circulation visuelle qui conduit l’œil du jaune lumineux de la partie inférieure vers le rouge puis vers les verts sombres du haut.

Cette architecture sous-jacente empêche l’œuvre de sombrer dans la simple gestualité décorative.

La dimension poétique

Ce tableau me paraît particulièrement intéressant parce qu’il demeure ouvert. Il ne raconte rien explicitement, mais il suggère beaucoup. Certains y verront un paysage marin, d’autres une lagune tropicale, d’autres encore un territoire intérieur.

La force de l’œuvre réside justement dans cette capacité à maintenir une tension entre reconnaissance et abstraction. Elle convoque la mémoire du paysage sans jamais l’illustrer.

Appréciation critique

D’un point de vue professionnel, cette peinture possède plusieurs qualités qui retiennent l’attention :

  • une maîtrise convaincante de la peinture au couteau ;
  • une richesse tactile qui dépasse l’effet décoratif ;
  • une palette cohérente et expressive ;
  • une composition solide malgré l’apparente liberté du geste ;
  • un point focal rouge particulièrement efficace.

L’œuvre se situe dans une abstraction sensible et accessible, mais suffisamment construite pour soutenir une lecture prolongée. Elle cherche moins à démontrer un concept qu’à provoquer une expérience visuelle et émotionnelle, ce qui constitue souvent l’une des ambitions les plus difficiles à atteindre en peinture abstraite contemporaine.

On pourrait résumer cette toile comme une rencontre entre matière, lumière et mémoire, où le paysage n’est plus représenté mais ressenti.

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